Immobilier : le PTZ parentalité pourrait financer jusqu’à 100 000 € pour les familles
Acheter plus grand à l’arrivée d’un enfant, même lorsqu’on est déjà propriétaire ? Le budget 2027 prévoit un nouveau PTZ parentalité. Les députés proposent d’aller plus loin, avec un prêt pouvant atteindre 100 000 euros, sans condition de revenus. Mais rien n’est encore acquis.
© MySweetimmo-ia
Le PTZ parentalité pourrait aider les familles à acheter plus grand ou à agrandir leur logement.
- Le budget 2027 prévoit un PTZ parentalité pour les ménages qui attendent un enfant ou ont un enfant de moins de 3 ans, même s’ils sont déjà propriétaires.
- Des députés proposent de porter ce PTZ parentalité jusqu’à 100 000 €, sans condition de revenus, pour un enfant de moins de 5 ans, dans la limite de 50 % du coût du projet.
- Ce prêt à taux zéro pourrait aussi financer l’agrandissement d’une résidence principale, sans déménager, si ces amendements sont adoptés.
- Le PTZ parentalité n’est pas en vigueur : aucune banque ne peut l’accorder tant que le budget 2027 n’est pas adopté.
- Pour les agents immobiliers, le PTZ parentalité pourrait relancer des projets de familles déjà propriétaires, à la fois vendeuses et acquéreuses : un sujet à aborder dès maintenant avec ses clients, comme une piste et non comme un droit.
Un deuxième enfant arrive, la chambre manque, et la famille se met à regarder les annonces. Puis vient le verdict : le PTZ, c’est pour les primo-accédants. Vous avez déjà acheté, circulez. C’est ce verrou que le gouvernement veut faire sauter, pendant que les députés, eux, aimeraient y ajouter un zéro de confort.
Une perspective intéressante pour les parents dont le logement devient trop petit à l’arrivée d’un enfant. Car acheter une chambre supplémentaire peut coûter cher, surtout lorsqu’on rembourse déjà un crédit immobilier. Reste une question essentielle : qui pourrait réellement profiter de ce nouveau coup de pouce ?
Un PTZ pour acheter plus grand, même lorsqu’on est déjà propriétaire
Aujourd’hui, le prêt à taux zéro (PTZ) est principalement réservé aux primo-accédants. Pour en bénéficier, il faut généralement ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant la demande, sauf exceptions.
Le gouvernement veut assouplir cette règle pour les familles qui s’agrandissent. Inscrit à l’article 7 du projet de loi de finances pour 2027, le PTZ parentalité serait accessible aux ménages attendant un enfant ou ayant à charge un enfant de moins de trois ans, y compris lorsqu’ils ont déjà été propriétaires.
Cette mesure est portée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui en fait un levier pour relancer la natalité : l’idée est de permettre aux ménages qui attendent un enfant, ou en ont un né depuis moins de trois ans, d’obtenir une nouvelle tranche de PTZ pour acheter un logement.
Prenons un couple qui possède un deux-pièces et attend son deuxième enfant. Jusqu’ici, son statut de propriétaire pouvait l’empêcher de bénéficier d’un PTZ pour acheter un trois-pièces. Avec le nouveau dispositif, il pourrait y prétendre, sous réserve de respecter les autres critères d’éligibilité.
Dans sa version initiale, le gouvernement conserve toutefois les plafonds de ressources du PTZ classique. Le montant du financement dépendrait également des caractéristiques de l’opération et des règles applicables au prêt. Les ménages ayant déjà bénéficié d’un PTZ par le passé pourraient en obtenir un nouveau, mais une seule fois.
Mais les députés souhaitent élargir considérablement le dispositif.
Jusqu’à 100 000 euros sans condition de revenus : ce que proposent les députés
Le 8 octobre, la commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté un amendement présenté par Jean-Paul Mattei, député du groupe Les Démocrates, qui reprend plusieurs dispositions du PTZ familial défendu au printemps par Constance de Pélichy.
Un prêt accessible jusqu’aux 5 ans de l’enfant
Premier changement : le PTZ parentalité serait ouvert aux familles ayant un enfant de moins de cinq ans, contre trois ans dans le projet gouvernemental.
Deuxième évolution, plus importante encore : les conditions de ressources seraient supprimées pour cette dérogation. Des ménages aujourd’hui exclus du PTZ en raison de leurs revenus pourraient donc accéder à un financement sans intérêts.
Enfin, le montant du prêt pourrait atteindre 100 000 euros par opération, dans la limite d’une quotité du coût total du projet qui ne pourrait dépasser 50 %.
Attention, cela ne signifie pas que chaque famille pourrait automatiquement emprunter 100 000 euros à taux zéro. Le montant accordé dépendrait du coût de l’opération et des modalités définitives du dispositif.
Pour défendre son amendement, Jean-Paul Mattei a assumé le coût de la mesure : même si elle peut paraître coûteuse, a-t-il plaidé, « elle va entraîner des ressources complémentaires par les investissements qui seront faits ». Le député MoDem y voit une « mesure de bon sens qui concerne des couples jeunes qui ont des problèmes pour agrandir » leur logement.
Agrandir sa maison sans déménager : combien pourrait-on emprunter ?
C’est peut-être la mesure la plus intéressante pour les familles déjà propriétaires. Les amendements parlementaires proposent d’autoriser le financement de travaux d’agrandissement de la résidence principale, même sans nouvel achat immobilier.
Imaginons une famille qui souhaite construire une extension pour créer deux chambres supplémentaires. Coût du projet : 80 000 euros. Avec un plafond de financement fixé à 50 %, elle pourrait théoriquement obtenir jusqu’à 40 000 euros de PTZ. Le solde devrait être financé autrement, par exemple grâce à un apport personnel ou à un crédit bancaire classique.
Pour un projet de 200 000 euros, le montant maximal pourrait atteindre 100 000 euros, sous réserve de respecter les conditions qui seraient fixées par les textes définitifs.
Ces exemples sont purement illustratifs : aucun droit à ces montants n’est aujourd’hui ouvert.
La possibilité d’agrandir son logement plutôt que de déménager pourrait intéresser les propriétaires qui souhaitent rester dans leur quartier, éviter les frais liés à un nouvel achat ou conserver un ancien crédit immobilier souscrit à un taux avantageux. Un argument d’autant plus important que la capacité d’emprunt des ménages reste sensible à l’évolution des taux immobiliers.
Cette idée était déjà au cœur de la proposition de loi défendue au printemps par Constance de Pélichy.
Une mesure qui divise
Ce que les uns jugent de bon sens, d’autres le trouvent déséquilibré. À gauche, Éric Coquerel (La France insoumise) a averti qu’un tel élargissement risquait de mettre « en concurrence » les familles aux revenus élevés et celles « qui n’ont pas de ressources et ne peuvent pas se passer » du PTZ. Les Écologistes se sont opposés à l’ensemble du dispositif, qu’ils comparent à un « bonus familial » pour des ménages déjà propriétaires, alors que l’intérêt du PTZ réside selon eux dans l’accession à la propriété.
Le PTZ parentalité à 100 000 euros est-il déjà adopté ?
Non. Et la distinction est essentielle pour les familles qui préparent un achat immobilier. Le calendrier est un peu acrobatique, alors voici où l’on en est :
- 8 octobre : la commission des finances adopte l’amendement de Jean-Paul Mattei, qui élargit le dispositif.
- 9 octobre : la commission rejette la première partie du projet de budget. Les modifications votées la veille ne constituent donc pas automatiquement le texte examiné dans l’hémicycle.
- 13 octobre : l’examen en séance publique commence. Plusieurs députés ont redéposé leurs amendements pour rétablir la version élargie.
Les amendements n° 3196 de Constance de Pélichy et n° 3796 de Jean-Paul Mattei reprennent les principales évolutions : enfant de moins de cinq ans, suppression des conditions de ressources, financement de l’agrandissement et plafond de 100 000 euros.
Leur dépôt ne signifie pas qu’ils ont été adoptés. Les députés doivent encore se prononcer et, même en cas de vote favorable, les dispositions devront poursuivre leur parcours législatif.
Pour l’instant, le projet gouvernemental présenté dans le cadre du budget 2027 reste plus restrictif que la version défendue par les parlementaires.
Faut-il attendre le PTZ parentalité pour acheter plus grand ? Pas nécessairement. Les familles qui ont un projet immobilier peuvent dès maintenant faire étudier leur capacité d’emprunt et comparer plusieurs solutions de financement. En revanche, elles ne doivent pas intégrer cette nouvelle aide à leur budget tant que ses conditions et son entrée en vigueur ne sont pas définitivement établies.
Ce que ça change pour vous
Si vous avec un projet. Ne signez rien en comptant sur ce dispositif. Aucune banque ne peut aujourd’hui accorder de PTZ parentalité. En revanche, si votre projet de famille se dessine, c’est le bon moment pour faire chiffrer deux scénarios (acheter plus grand ou agrandir), sans oublier que le PTZ ne couvrirait au mieux qu’une part du budget.Si vous êtes agent immobilier ou professionnel
Si vous êtes professionnel. Ce texte vise précisément des familles propriétaires qui deviendraient à la fois vendeuses et acquéreuses, un profil que le PTZ actuel laissait de côté. S’il est voté, il pourrait remettre en mouvement des projets aujourd’hui gelés. Mieux vaut en parler dès maintenant à vos clients, en précisant bien qu’il s’agit d’une piste et non d’un droit, plutôt que de le découvrir quand ils vous poseront la question. Deux arguments reviendront dans les discussions : l’effet d’entraînement sur l’investissement, défendu par les partisans du texte, et le risque d’iniquité, dénoncé par la gauche et les écologistes.
